dimanche 2 novembre 2014

19 novembre journée mondiale de solidarité internationale pour des toilettes pour tous !

 Dans le cadre de la prochaine semaine de la solidarité internationale 2014 (17ème édition du 15 au 23 novembre 2014) http://www.lasemaine.org/ notre association souhaite rappeler les enjeux et encourager les initiatives de solidarité avec les 2 milliards d'habitants de notre planètes qui restent privés de sanitaires. c'est l'objectif de la journée mondiale des toilettes .
 

Le 19 novembre 2014 sera célébrée la « Journée mondiale des toilettes » à l'initiative de l'ONU et de l'OMS. http://www.unwater.org/worldtoiletday/home/en/

Les maladies liées à l’absence d’assainissement et d’hygiène - en premier lieu les maladies diarrhéiques dont sont victimes des milliers enfants par jour- font partie des causes indirectes de la malnutrition. Largement sous estimé, du fait d’une méconnaissance des enjeux en termes humains et économiques, l’assainissement devrait figurer au rang des priorités des stratégies de développement et d’urgence, nationales et internationales.
Diarrhées, poliomyélite, hépatite A, typhoïdes, infections parasitaires… : ces maladies sont étroitement associées au manque d’assainissement et d’hygiène, une réalité pour plus d’une personne sur 3 dans le monde. Dans la majorité des cas, elles sont imputables à une contamination bactérienne ou virale, véhiculée notamment par l’eau, mais aussi par les insectes comme les mouches qui collectent sur leurs pattes des résidus de substances fécales et des pathogènes et les déposent sur les aliments, les mains, les visages…

http://www.unwater.org/fileadmin/user_upload/worldtoiletday/docs/06.jpg

 wtd


L’épidémie de Choléra, infection intestinale aigüe très contagieuse et mortelle qui touche actuellement l'Afrique centrale et de l'ouest est la dramatique illustration de cette réalité.

Dans de nombreux pays où interviennent les équipes d’Action contre la Faim, un volet « assainissement » comprenant par exemple la construction ou la réhabilitation de latrines accompagne souvent des programmes d’accès à l’eau potable ou de promotion à l’hygiène. Ces programmes sont mis en place de manière générale en s’appuyant le plus possible sur une forte mobilisation communautaire, en prenant en compte les spécificités culturelles de la zone d’intervention. Il s’agit de faire en sorte que les populations s’approprient le projet, changent parfois leurs pratiques et donc de rendre l’amélioration des conditions d’assainissement pérenne.
 

 Dignité et l'égalité ... et les toilettes?
Un milliard de personnes dans le monde ne disposent pas accès à des toilettes, et sont obligés d'aller à l'air libre.
Avoir à déféquer ouvertement porte atteinte à la sécurité et la dignité humaine. Cela est particulièrement vrai pour les femmes et les filles, dont la pudeur et l'intimité sont violées par la honte  d'avoir à déféquer en public, ou - après après une rétention pénible de leur vessie et des intestins toute la journée - prennent des risques en attendant que la nuit tombe. voir la  vidéo "une femme sur 3"

( pour signer la pétition mondiale de water aid en direction des gouvernements de respecter leur promesse de toilettes saines et eau potable pour tous les humains: 
http://e-activist.com/ea-action/action?ea.client.id=1676&ea.campaign.id=16839#voice  )

Depuis 2000, l'ONU a travaillé pour mettre fin à la défécation à l'air libre en améliorant l'accès à des toilettes à travers ses Objectifs du Millénaire pour le développement . Cependant, des progrès significatifs, restent nécessaires.

 
Comme l'ont souligné  des récents rapports d'avancement, de nombreuses inégalités dans l'accès aux toilettes existent.  Neuf  personnes sur 10 qui défèquent en plein-air vivent dans les zones rurales. Dans les zones urbaines et rurales, les riches ont de manière disproportionnée un plus grand accès aux toilettes que les populations pauvres.Au-delà des disparités d'accès existent entre des groupes selon des critères religieux, ethniques et autres,ou pour  groupes marginalisés, telles que les populations roms confinées et rejetées de bidonvilles en bidonvilles
Où les toilettes  existent, des inégalités persistent. Les toilettes restent généralement insuffisantes pour les populations ayant des besoins spéciaux, tels que les handicapés et les personnes âgées, les femmes et les filles  qui ont besoin d'installations pour gérer l'hygiène menstruelle. Sans toilettes accessibles pour ces populations, elles restent exclues des possibilités d'aller à l'école et obtenir un emploi.

http://www.unwater.org/fileadmin/user_upload/worldtoiletday/docs/03.jpg 




http://www.unwater.org/fileadmin/user_upload/worldtoiletday/docs/A3posterdonkeycart.jpg 
et, pour terminer, un petit clip réalisé par UNICEF -Inde pour les petits et les grands : (en anglais)



Et dans le Val d'Orge?

le "mémento du conseiller communautaire"  réalisé par notre association pour aider nos élus à appréhender les enjeux sociaux du service public de l'eau aborde la question sous 2 angles:
localement  , dans sa 8ème demande: " le respect imprescriptible du droit à l'eau et à l'assainissement de toutes les populations quelque soit leur habitat
en rappelant que "certaines populations (Roms, SDF, squatteurs, habitants de logement insalubre) n'ont pas un accès permanent à l'eau et à l'assainissement. Pour rendre effectif le droit humain inaliénable à l'eau et à l'assainissement, nous demandons un engagement irrévocable,dans le respect de la délibération du 6 juin 2011 du Conseil national de l'Eau" . Mais aussi, 

"En complément de la gestion des situations d'urgence, l'accès à l'eau et à l'assainissement des personnes sans domicile identifié, gens du voyage et sans abri doit être garanti. Cela passe par la mise en place de points d'accès à l'eau potable répartis de façon équilibrée sur le territoire aggloméré de la commune, et une information de tous sur leur localisation. Ces points d'accès doivent être complétés par la réalisation d'un programme de bains-douches et toilettes publiques sur tout le territoire de la CAVO, selon un maillage à déterminer en partenariat avec les communes, l'association départementale des gens du voyage et les associations d'aide aux sans abris".
 
internationalement:
dans son point 9 notre mémento, "pour une solidarité planétaire pour un accès universel à l'eau"
nous demandons que "
La création de la régie publique de notre agglomération  soit  l'occasion de définir, à l'occasion d'états généraux de la solidarité internationale du Val d'Orge organisés avec les associations actrices en ce domaine, un partenariat dynamique de coopération décentralisée et de jumelage en matière d'eau potable et d'assainissement, s'appuyant sur les outils développés en ce domaine par « cités Unis » et son PS-Eau (Programme de Solidarité Eau) 

( pour signer la pétition mondiale de water aid en direction des gouvernements de respecter leur promesse de toilettes saines et eau potable pour tous les humains: 
http://e-activist.com/ea-action/action?ea.client.id=1676&ea.campaign.id=16839#voice  ) 

autre lien pour sensibiliser à cette problématique:  (en anglais)
Santé pour tous!

 
 

mercredi 29 octobre 2014

L'interdiction des coupures d'eau : un droit fondamental encore trop méconnu

Nous relayons bien volontier le nouvel appel de la "coordination Eau Ile de France" pour défendre  les usagers menacés de coupure d'eau par les distributeurs.
Il ne faut  en effet pas compter sur ces derniers pour faire connaitre  cette avancée importante. Exemple: dans ses derniers rapports annuels  pour nos communes (consultables sur notre site par l'ongle documents officiels de l'agglo) Suez-Lyonnaise prétend que la loi Brottes se limite à "encadrer les coupures"! Véolia, Pour Leuville, n'évoque même pas la nouvelle loi et se contente d'indiquer que les coupures pour impayé ne figurent pas dans ses statistiques!...

"Depuis maintenant plusieurs mois, nous menons une campagne contre les coupures d'eau illégales. Cette action, conduite avec la Fondation France Libertés, vise à l'application concrète du droit à     l'eau, reconnu comme un droit humain fondamental par l'ONU en juillet 2010. Elle est donc au         cœur des objectifs de notre association.                                                                                                  
En mars dernier, nous avons publié sur notre site Internet, un premier article d'Henri Smets montrant que les coupures d'eau pour impayés étaient devenues illégales avec la loi Brottes  ( (Article L 115 du code de l'action sociale et des familles ) dont le décret d'application est sorti en février. Cet article a connu une fréquentation très importante et a suscité de nombreuses questions et appels de personnes « sans eau ».

Début juillet, nous avons mis en ligne un formulaire pour recueillir les témoignages de personnes « sans eau ». Nous avons recueillis jusqu'à présent plus de 180 cas dans toute la France. Nous avons aussi publié un mode d'emploi pour aider les victimes de cet abus à se faire rétablir l'eau et nous sommes intervenus directement auprès des distributeurs. Nous avons ainsi obtenu le rétablissement de l'eau dans un grand nombre de cas, sans que les coupures d'eau, estimées à plus de 100 000 par an, ne cessent pour autant.

Aussi nous avons saisi la justice une première fois à Soissons : Suez a été condamnée à une amende de 8680€ ! Ce jugement a connu un fort retentissement médiatique. Et nous avons mis les multinationales sur la défensive. Nous avons saisi une seconde fois la justice à Bourges : Veolia plaide l'erreur, indiquant connaître la loi Brottes, ne pas couper l'eau à ses abonnés et propose même un dédommagement ! Nous pouvons, nous devons, les faire plier et obtenir que les coupures d'eau pour impayés cessent une bonne fois pour toute !

C'est le sens de cet appel. La Coordination Eau Île-de-France a besoin de tous ses soutiens, individuels ou associatifs, pour remporter cette bataille de fond.

Car il est insupportable de priver des personnes d'eau, c'est une question de dignité humaine !

Mais aussi parce que cette action renforce le mouvement pour l'eau bien commun à travers toute la France. Des associations, des syndicalistes, des élus, des travailleurs sociaux se saisissent de ce combat en utilisant les outils que nous avons mis à leur disposition, et l'amplifient.
Cela permet aussi de toucher des gens qui n'appartiennent pas aux réseaux militants. Les personnes qui obtenu le rétablissement de l'eau, ont fait une expérience positive de l'action collective et voient autrement l'utilité d'une association.

Chacune, chacun d'entre vous peut participer à cette action :
-en la faisant connaître, en aidant des « sans eau » dans leurs démarches,  ( guide pratique, modèle de lettre au président de l'Agglo et aux distributeurs d'eau: modèle de lettre) etc. 
Faîtes- connaître vos initiatives, vos démarches, vos succès.
-en apportant un soutien financier à la Coordination Eau Île-de-France pour développer son action"   

Plus aucune coupure d'eau pour impayés : tous ensemble, nous pouvons gagner cette avancée concrète du droit à l'eau, dans le Val d'Orge comme partout en France!

Pour comprendre ce que couper l'eau signifie: reportage sur france culture sur Marc Fazio, employé chez Véolia licencié pour avoir refusé des coupures d'eaux pour impayé.




lundi 6 octobre 2014

Courgent: le contrat de privatisation avec la Lyonnaise annulé!

Victoire des usagers de l’eau à Courgent

 Le Tribunal Administratif de Versailles a  annulé le contrat de DSP signé par le Maire de Courgent avec Suez-Lyonnaise des Eaux
En juin 2011, le Maire de Courgent, petit village de 400 habitants des Yvelines,  avait signé pour 12 ans avec Suez Lyonnaise des Eaux, un contrat de privatisation de la distribution de l’eau dans la commune.
Cette décision avait été prise sans consultation, ni même information, des habitants qui ont vu le prix de l’eau doubler du jour au lendemain.
Pour protester contre cette décision, une cinquantaine de familles a constitué une Association pour le Retour en Régie Publique de l’Eau (ARRPE) – qui a adhéré à la Coordination Eau Île-de-France – et refusé de payer les factures.
Plusieurs réunions publiques ont été organisées et divers recours ont été déposés devant les tribunaux : par la Lyonnaise, d’une part, qui voulait les contraindre à payer les factures, et par l’Association, d’autre part, devant le Tribunal Administratif de Versailles.

Celui-ci vient de rendre sa décision : « l’ARRPE Courgent est fondée à soutenir que la procédure de passation de délégation de service public conclue avec la Lyonnaise des Eaux est entachée d’irrégularité et à demander pour ce motif l’annulation des décisions litigieuses… ».
La délibération autorisant le maire à signer le contrat avec Suez est annulée et la commune doit résilier dans les six mois le contrat avec Suez, ce qui constitue un acte fort  peu fréquent. Enfin la commune est condamnée à verser 2000 € à l’Association.

Après la condamnation de Suez Lyonnaise des Eaux à Soissons pour avoir procédé à une coupure d’eau illégale, cette décision du TA de Versailles est une nouvelle victoire remportée par la mobilisation des citoyens contre les pratiques abusives trop souvent liées aux processus de privatisation au profit des multinationales de l’eau.

La Coordination Eau Île-de-France y voit un encouragement à poursuivre son combat pour la défense ou le rétablissement de régies publiques de l’eau et de l’assainissement dans toutes les communes.

vendredi 3 octobre 2014

Des sanctions pour les délits de fuite (d’eau) !

Le temps est venu de sanctionner les autorités organisatrices des services d’eau et d’assainissement pour les délits de fuite d’eau dans les réseaux. Mais les usagers ne doivent pas être les payeurs.

L’année 2014 devrait voir la mise en œuvre du doublement de la redevance à payer aux agences de l’eau, en cas de rendement des réseaux de distribution de l’eau potable inférieur à 85%.
Des interventions fermes et multiples des usagers, pour obtenir et contrôler les déclarations des exploitants, et veiller à ce que les pénalités dues ne soient pas répercutées sur les factures seraient bienvenues.
Pour appuyer cette proposition, voici :
* un commentaire de ce qu’apporte la législation à compter de cette année (à la suite)
* les textes réglementaires de références >> ici
* 3 exemples de courriers de  demande de communication de documents : l’un au délégataire >> ici, l’autre à l’autorité territoriale en charge de la compétence eau potable >> ici, le 3ème à l’AESN >> là (garder trace de ces envois pour saisir la CADA en cas de non-réponse ou refus de réponse).
La réglementation invite les autorités organisatrices des services d’eau et d’assainissement à une gestion patrimoniale des réseaux, en vue notamment de limiter les pertes d’eau dans les réseaux de distribution et le gaspillage.
À cette fin elle les oblige, dès cette année 2014, d’une part à réaliser et mettre à jour annuellement un descriptif détaillé des réseaux, d’autre part à établir un plan d’actions comprenant, s’il y a lieu – c’est-à-dire, si les pertes d’eau dans les réseaux de distribution dépassent des seuils fixés – un programme pluriannuel de travaux d’amélioration du réseau.
Des pénalités financières sont prévues en cas de non-respect de ces obligations.
Le taux de la redevance pour l’usage d’alimentation en eau potable est ainsi multiplié par deux lorsque le descriptif ou le plan d’actions visé à l’article L. 2224-7-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT) n’a pas été établi dans les délais prescrits. Cette majoration prend effet à partir de l’année suivant le constat de cette carence.
La loi permet aussi d’exiger des collectivités et agglomérations la copie des déclarations obligatoires qu’elles effectuent  auprès de leur agence de l’eau pour le calcul de leur redevance.  Cette obligation résulte de la loi du 12 juillet 2010 (Grenelle 2 de l’environnement), complétée d’un décret il y a 20 mois. Les exploitants et collectivités ont largement eu le temps de s’y préparer et ne peuvent pas plaider la surprise. Et pourtant, rares, trop rares sont ceux qui se sont acquittés de cette obligation.

Cette difficulté à obtenir un inventaire  et les résultats du réseau de distribution d’eau potable est la démonstration  de l’opacité et des défaillances de la gestion déléguée, tout simplement incapable de fournir des données fiables sur un réseau qu’elle gère pourtant depuis des décennies.

Une fois de plus, les délégataires pratiquent la guerre d’usure pour s’exonérer de leurs responsabilités : leurs tergiversations, leur retard pour fournir les informations prévues,   découragent les exigences de transparence des usagers. Ils permettent aux multinationales de gagner du temps, de repousser à toujours plus tard l’impératif de réparation coûteuse de leurs tuyaux percés.
Pas question pour autant de les laisser gaspiller tranquille l’eau potable, notre bien commun. Nous devons exiger copie des déclarations des exploitants envoyées à l’agence de l’eau, et communication du montant des majorations de redevance dues au fait de non déclaration ou d’une déclaration d’un taux de rendement inférieur à 85 % (la grande majorité, puisque le taux moyen en France est de 75%).  

Nous devons aussi refuser que la majoration de la redevance sanctionnant les carences du délégataire soit répercutée sur la facture des usagers.  

Tout cela est à l’ordre du jour, partout.
Si nos collectivités se font tirer l’oreille pour fournir les documents réclamés, sans les absoudre pour ces manquements, un recours existe : interpeller l’agence de l’eau Seine-Normandie, collectrice des déclarations et redevances de ces mêmes collectivités. Echangeons nos démarches et résultats pour les obtenir !
Résumé des textes désormais applicables :

Une  majoration du taux de la redevance pour l’usage « alimentation en eau potable » est appliquée si le plan d’actions mentionné au deuxième alinéa de l’article L. 2224-7-1 du code général des collectivités territoriales n’est pas établi dans les délais prescrits au V de l’article L. 213-10-9, lorsque le rendement du réseau de distribution d’eau, calculé pour l’année précédente ou, en cas de variations importantes des ventes d’eau, sur les trois dernières années, et exprimé en pour cent, est inférieur à 85 %.

Coupures d'eau: la justice sanctionne les multinationales hors la loi!

Coupures d'eau : sévère rappel à la loi pour les distributeurs (reportage pour france info
de  Dominique Loriou vendredi 26 septembre 2014 07:06)
La situation mise au jour avec ce jugement n’est pas un cas isolé. Stéfania Molinari, de la coordination Eau Ile-de-France évoque "une centaine de témoignages". 
"Les coupures d’eau ne concernent pas que des personnes en situation de précarité, ça peut arriver à tout le monde, au retour d’un séjour à l’hôpital par exemple."
La condamnation de la Lyonnaise des Eaux, remise dans les clous de la législation n’exonère pas pour autant la victime de payer ses factures en souffrance...
La coupure, un moyen de pression illégal
Afin de rendre publique le recours à des pratiques illégales, la fondation France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France se sont constituées partie civile aux côtés d'une des nombreuses victimes. Le tribunal leur a donné raison. Emmanuel Poilane directeur général de la fondation France Libertés souhaite que les distributeurs en tirent les conséquences.
"Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est que les opérateurs d’eau puissent dire eux-mêmes : la loi est claire du coup, on arrête les coupures demain matin."

 La Lyonnaise joue profil bas
Du côté de la Lyonnaise des Eaux, le jugement n’a pas suscité de réaction officielle. Sa maison mère, le  groupe Suez Environnement n'a pas donné suite à la demande d’entretien de France Info.
quelques articles sur cette décision:
dans les archives de notre blog un article du 30 mars invitant à s'emparer de la loi contre les coupures d'eau
Et surtout, inviter toutes celles et ceux que vous pouvez connaitre confrontés ou menacés d'une coupure d'eau, à se joindre aux actions collectives engagées pour y faire échec /
toutes les infos et outils utiles (lettre type de réclamation , fiche de témoignage, etc.. ) sur le site de la coordination eau Ile de France :

Une décision à faire connaitre sans modération!

samedi 20 septembre 2014

Grèce: Une convergence efficace entre mobilisation citoyenne et bataille juridique fait reculer le Gouvernement et la Troïka sur la privatisation de l'eau


Il n'est pas trop tard pour faire écho aux bonnes nouvelles qui nous sont arrivés de Grèce cet été. Nos médias dominants , totalement dédiés à promouvoir la résignation et la désespérance face à la casse des services publics, se sont en effet bien gardés de relayer ces informations.

Rappelons le contexte : comme condition de l’aide financière apportée par la « troïka » (Union européenne, Banque Centrale européenne, FMI), la Grèce s’est vue imposer des mesures d’austérité drastiques et la privatisation de plusieurs entreprises publiques. Parmi celles-ci, les compagnies de l’eau d’Athènes et de Thessalonique – deux entreprises rentables que personne, localement, ne souhaitait voir passer sous le giron du privé.

le  18  Mai, à Salonique , deuxième ville du pays par sa population et par importance, les citoyens ont pu exprimer aussi leur avis sur la décision prise par le gouvernement de privatiser la Société hydrique et de solder ainsi l'eau à quelque entreprise privée, éventuellement quelque multi-nationale étrangère, de celles qui  se sont enrichies ces dernières années en mettant les mains, à des prix au rabais, sur un bien commun d'importance fondamentale.

98 % de non à la vente de l'eau public aux entreprises privées

Nonobstant les menaces du gouvernement qui à la veille du scrutin, avait déclaré illégitime la consultation en menaçant de rétorsions ses organisateurs, le résultat du référendum a été impressionnant, avec 98% de 'non' à la décision de vendre l'eau publique aux entreprises privées.


Ce résultat de Salonique est important : après les mobilisations massives réussies en Italie, à Madrid, à Berlin, contre la privatisation de l'eau, il s'agit d'un formidable  acte de désobéissance de masse aux décisions du gouvernement hellénique et adressée aux entreprises privées candidates au rachat de la compagnie de Thessalonique : en première ligne, la multinationale française Suez-Lyonnaise, toujours prête quand il s'agit d'utiliser les profits amassées sur notre dos pour faire mains basses sur l'eau potable d'autres pays et la société israélienne  Mekorot, sinistrement célèbre pour ses pratiques de détournement et de vol de l'eau des territoires occupés palestiniens.

 

La justice grecque met son veto à la privatisation de l'eau de la capitale

Dans un premier temps, le gouvernement Samaras a fait savoir que ce résultat n'a aucune valeur légale (au motif que selon la loi seuls sont valables les référendums sur les mesures gouvernementales accompagnés d'un décret présidentiel ou par une majorité de parlementaires). Mais il a préféré attendre
l'avis du Conseil d'Etat sur la constitutionnalité de la privatisation de la compagnie publique des eaux d'Athènes.
Cette décision, fin Mai, a constitué un cinglant échec pour le gouvernement mettant son veto à la privatisation de la régie athénienne. Dans son arrêt, le Conseil d’Etat a estimé que :
«la transformation d’une entreprise publique en entreprise privée ayant pour objectif le profit fait peser une incertitude sur la continuité de l’offre de service public abordable et de qualité».
Cette décision a redonné le moral aux employés d’Eyath, a compagnie publique de Thessalonique : «S’il est contraire à la Constitution de privatiser l’eau d’Athènes, pourquoi en serait-il autrement à Thessalonique ?»
A la suite, courant juillet, c'est au tour du tribunal d’Athènes d'enjoindre HRADF (le fonds privé, chargé en Grèce de la vente des biens publics), de répondre à la demande d'information présentée par “l’UCE (Union Citoyenne pour l’Eau)”, branche du syndicat des coopératives de l’eau de Thessalonique, créée par Initiative K136, pour obtenir 51 % des parts dans EYATh, la compagnie publique d’eau de Thessalonique, au nom des citoyens.

Par trois fois, HRADF avait refusé de donner des informations sur les processus de privatisation, sous prétexte qu’elles étaient réservées aux éventuels acquéreurs privés. Le tribunal d’Athènes juge que HRADF ne peut se réclamer de son statut d’entreprise privée et doit se soumettre à une certaine transparence, ainsi que l’impose la décision de la Cour Européenne de Justice du 19/12/2013 Case Fish Legal dictant que « l’accès à l’information sur l’environnement, l’eau, l’assainissement et la privatisation de ce secteur, dans le cas où des compagnies privées ont reçu une délégation de l’Etat pour réaliser ces travaux dans le cadre du « service public » doit être facilité. »

Le gouvernement fait machine arrière

Résultat, la décision annoncée le 14 juillet 2014, à l'issue de discussions entre le premier ministre Antonis Samaras, le leader de la coalition gouvernementale Evangelos Venizelos et deux ministres clefs, de ne pas privatiser les compagnies grecques publiques de distribution d’eau et d’assainissement. Cette décision qui tire les conséquences de l'arrêt du conseil d’Etat sur la compagnie publique d'Athènes s’applique également pour Thessalonique.

Ce virage à 180° démontre la dynamique gagnante de l’exigence populaire de voir l’eau reconnue comme un bien public, à protéger de la convoitise des chasseurs de profits.

Il est grand temps que les dirigeants de l'agglomération du Val d'Orge, intoxiqués par des décennies de domination des entreprises privées, donnent enfin la parole à leurs électeurs pour se ressourcer et cesser leurs ronds de jambes.

Vite, une consultation publique sur la création d'une régie publique pour l'eau du Val d'Orge!

(sauvez l'eau en grec)

jeudi 18 septembre 2014

la Coordination Eau bien commun France est née

Lyon  le 15 septembre 2014

Des citoyens et associations de toute la France se sont réunis ce week-end à Lyon, sur la Péniche du Val de Rhône à l’initiative de la Coordination Eau Ile-de-France, de la Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes et la Coordination Eau Bien Commun PACA. 
Pour porter d’une seule voix, l’eau bien commun dans les différents débats et combats, ils ont décidé de créer la Coordination Eau Bien Commun France.

Depuis plusieurs années, une vague inédite, citoyenne et associative autour de l’eau bien commun, mobilise associations, réseaux et citoyens en France et en Europe.
Des actions en faveur du droit humain à l’eau et à l’assainissement, d’une gestion publique et démocratique de l’eau, et pour la préservation de la ressource sont menées par des collectifs de citoyens et associations localement et régionalement.

Cette deuxième réunion nationale a réuni plus de quarante représentants d’associations et citoyens et leur a permis d’échanger et d’engager ensemble plusieurs campagnes communes au niveau national. En premier lieu, il s’agit de soutenir et de généraliser l’action initiée par la Coordination Eau Ile-de-France, à laquelle est rattachée notre association Aggl'Eau Publique Val d'Orge,  et la Fondation France Libertés, contre les coupures illégales d’eau et pour l’application de la loi Brottes et du droit à l’eau. Il s’agit aussi de prolonger l’action menée au moment des élections municipales avec le kit citoyen d'interpellation des candidat, en élaborant une nouvelle version enrichie, à destination des associations et des nouveaux élus, pour guider les initiatives dans le domaine de l’eau au niveau local.

Enfin,  s’est exprimée la volonté collective de s’impliquer tout au long de 2015 dans la préparation de la conférence climatique et d’y faire entrer la question de l’eau comme un enjeu décisif pour restaurer le climat.
Pour renforcer  les actions à l’échelle nationale, mutualiser les compétences, augmenter la visibilité et l’efficacité du mouvement, une coordination nationale autour de l’eau bien commun est née le 14 septembre 2014 à l’issu de cette rencontre.
L’objectif de cette Coordination est de défendre le droit humain à l’eau et à l’assainissement et de promouvoir la gestion publique, écologique et démocratique de l’eau bien commun.
Associations, réseaux, collectivités et citoyens peuvent rejoindre la Coordination Eau Bien Commun France.

Plus d’information et outils à disposition sur le site internet www.coordination-eau.fr .

lundi 1 septembre 2014

On se mouille pour une régie publique pour l'eau du Val d'Orge

Dimanche 31 août 2014, plan d'eau de Saint-Michel, des panneaux attirent l'attention 
des promeneurs et cyclistes qui sont  nombreux à cette heure sur la promenade de l'orge
 Le dimanche précédent, un repérage sur la rive avait laissé présager une activité inhabituelle


















 A 16 heures, une centaine de valdorgiens ayant répondu à l'invitation sensibilisent les passants. Les préparatifs de l'opération laissent présager une opération extrème:
https://www.youtube.com/watch?v=1lETzyeLA8g&list=UUvZD8dWoM0oZ5Qr-nS1_l0g&index=2
 Quelques plongeurs du dimanche, sous des accoutrements divers, se portent volontaires, malgré la couleur peu attirante de l'eau....Quand il s'agit de se mouiller pour l'eau potable, domaine dans lequel la majorité des collectivités françaises naviguent depuis des décennies en eaux troubles, il en faudrait plus pour se décourager!....Freedom for water!
Petite conférence de presse improvisée (Le Républicain et l'Essonnien couvrent l'évènement)
https://www.youtube.com/watch?v=fU-7wp93idg&feature=youtu.be
 Assez parler, l'eau est au grand plouf....les pêcheurs laissent la place.





 Les nageurs résistent aux attaques des bactéries et virus sournois et se hissent au milieu du bassin:
https://www.youtube.com/watch?v=Y9lB8R5Ea80&index=1&list=UUvZD8dWoM0oZ5Qr-nS1_l0g


 Tout le monde revient indemne
 La pétition pour une régie publique se couvre de nouvelles signatures, de nouvelles adhésions sont recueillies, des  rendez-vous sont pris pour les forums des associations organisés dans les 10 communes le week-end suivant.
Et  encore quelques vidéos: https://plus.google.com/u/0/108304523180292311729/posts

Bon, Il s'agit de mouiller la chemise à présent.