jeudi 22 mars 2018

La fin de la privatisation de l’eau ?


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 (un article de l'internationale syndicale des services publics) 
Aux quatre coins du monde, une vague de remunicipalisations a permis aux gouvernements de reprendre le contrôle des services de distribution d'eau, souvent mal gérés par le secteur privé pendant des décennies.

Pourtant, nombreux sont les gouvernements qui, comme les Nations Unies, s’obstinent à croire que les partenariats public-privé et les financements privés sont nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Ils préfèrent se laisser tromper par les fausses promesses des PPP au lieu de se rendre à l’évidence : la privatisation est en crise.


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Pour le constater, il suffit de regarder la situation au Royaume-Uni, où le secrétaire d’État à l’environnement lui-même, Michael Gove, membre du parti conservateur, condamne l’attitude des services de l’eau privatisés.
 Il a récemment pointé du doigt les tarifs trop élevés, la manipulation financière et l’évasion fiscale endémiques, l’absorption des profits par les dividendes des actionnaires et les salaires exorbitants perçus par les PDGs. Et c’est un membre du parti de Margaret Thatcher qui critique ces pratiques.

Selon un rapport récent publié par l’Internationale des Services Publics et le Transnational Institute, il y a eu au moins 235 cas de remunicipalisation des services de distribution d’eau depuis l’an 2000, impliquant 37 pays et touchant plus de 100 millions de personnes. Comment expliquer cette tendance?

Parmi les raisons pour mettre fin à la privatisation dans le secteur de l’eau figurent, entre autres:
- la réduction des coûts, 
- l’amélioration de la qualité des services, 
- la transparence financière 
- ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles et du contrôle social. Les objectifs environnementaux, notamment l’accélération du développement durable et la réduction des déchets représentent un autre facteur déterminant, tout comme la possibilité d’offrir des tarifs sociaux pour les ménages à faible revenu (où de nombreuses familles ne peuvent pas se permettre de payer des factures élevées pour ces services).

De surcroît, les preuves empiriques démontrent clairement que la remunicipalisation dans le secteur public répond à une logique économique.

Exemple: La fin des PPP dans le domaine des transports à Londres a permis de réduire les coûts d’un montant d’un milliard de livres, essentiellement grâce à la suppression des dividendes des actionnaires et des frais juridiques.
Au Canada, après que le gouvernement a décidé de construire quatre écoles à l’aide de financements publics plutôt que par le biais de PPP, les économies réalisées ont permis de construire une cinquième école.

Toutefois, la triste réalité est que plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable. En 2015, les Nations Unies ont défini l’accès universel à l’eau d’ici 2030 comme l’un de leurs Objectifs de développement durable. 

Comment pouvons-nous garantir que nos services publics d’approvisionnement en eau puissent y répondre ? 

Nous devons exiger un système fiscal international plus juste, nous permettant d’investir dans des infrastructures essentielles, telles que des services modernes de distribution d’eau. Si nous n’y parvenons pas, les conséquences pourraient être dévastatrices. Dans la ville de Flint, située dans le Michigan, la réduction des coûts et la diminution importante des impôts des entreprises ont conduit à l’empoisonnement de milliers de personnes, la plupart vivant dans des conditions défavorisées. Le retrait des services publics des accords commerciaux, qui dissuadent les gouvernements d’agir au nom de l’intérêt public ou qui les pénalisent, constitue une autre étape importante.  Enfin, les partenariats public-public entre les services de distribution d’eau peuvent favoriser l’échange de bonnes pratiques et de ressources.

Le tournant dans le débat sur la privatisation est une bonne nouvelle pour les travailleurs/euses des services publics, les syndicats et le grand public. Il ne nous reste plus qu’à convaincre nos dirigeant(e)s de suivre le mouvement.


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